20 juin 2014

Sur la tombe de Sankara



 La famille de l'ancien président du Burkina Faso affronte en ce moment la justice afin d'obtenir la preuve scientifique qu'il s'agit bien du corps de celui-ci qui repose au cimetière de Dagnoën à Ouagadougou.

11 juin 2014

Catherine Bokassa


   Inutile de prendre la peine de dessiner une carte pour localiser ce pays, la République centrafricaine porte le nom de sa situation géographique. Inutile également de préciser que Catherine Bokassa tient son nom du militaire qui transforma pendant quelques années ce pays au cœur du continent en Empire centrafricain.
Jean-Bedel Bokassa est évoqué dans le livre En attendant le vote des bêtes sauvages par l'écrivain ivoirien Ahmadou Kourouma en ces termes :
« Le charognard, un dictateur de la forêt centrale de l'Afrique. Totem charognard ou aussi glouton qu'un charognard. L'hyène, un maître en parti unique de l'Afrique orientale. Totem hyène ou aussi sot et criminel qu'une hyène », « Sa langue et ses lèvres piquetaient, elles puaient le miasme de l'anus d'une hyène. »







   En 1977, Bokassa est sacré empereur au cours d'une cérémonie pastiche qui reproduit le couronnement de Napoléon. Il a 56 ans, sa femme Catherine en a 26. Pour lui c'est la réalisation d'un rêve, pour elle, la continuité d'un cauchemar.

   Elle n'a que 15 ans en 1964 quand Jean-Bedel la croise sur le chemin de l'école. Ses soldats la kidnappent et Bokassa la séquestre avant de l'épouser contre son gré. Commence alors la réclusion, une vie de lassitude étroitement surveillée. Elle demande la permission avant chaque sortie, ses employés l'espionnent, le moindre écart nourrit la fureur du mari jaloux . Ils auront sept enfants qui seront eux-mêmes soupçonnés de vouloir profiter des femmes du dictateur. Catherine n'est en effet pas sa première union et huit autres suivront après leur rencontre. Mais c'est elle qui fut choisie pour devenir impératrice.







   Pour les vacances de noël, la famille se rend dans le Val-d’Oise, près de Paris, où Bokassa a fait aménager le château d'Hardricourt. Ici, Catherine est libre de ses mouvements et peut recevoir. Elle est la seule à disposer auprès de Jean-Bedel du statut d'épouse à l’extérieur de son pays et à venir en voyage officiel en France. Elle savoure une situation à l'opposée de celle qu'elle endure dans son pays et profite de l'opulence de l'empire centrafricain. Son budget shopping n'a aucune limite, le luxe français est à son goût et en une journée elle peut dépenser plus de 100 000 francs dans les boutiques du Faubourg-Saint-Honoré, et pas des francs CFA...





   Elle boit de la bière, ce que lui interdit habituellement son mari.






   C'est sans doute pour ce train de vie que la jeune impératrice ne s'enfuit pas.

   Mais fraîchement sacré empereur, Bokassa commence à être victime de l'opinion occidentale qui ne veut plus de ce dictateur sanguinaire. Certaines rumeurs l'accusent même de cannibalisme. Le président français Valéry Giscard-d'Estaing, avec qui il a partagé de nombreuses parties de chasse, convoque Catherine. Il la prévient d'une action prochaine soutenu par l'armée française pour mettre fin au régime de son mari. Elle appelle le dictateur mais celui-ci ne veut rien entendre et choisi d'aller chercher de l'aide auprès de Kadhafi en Libye. Peine perdue, pendant son absence David Dacko prend le pouvoir, l'empire centrafricain redevient république, l'empereur déchu est condamné à l'exil.





   Catherine n'a pas vraiment soutenu son mari pendant sa chute et elle n'est pas partie de Centrafrique sans avoir pris la précaution de remplir quelques malles d'argent et de bijoux. L'ancien dictateur ne cessera de répéter à qui veut l'entendre que sa femme est la maîtresse de Valéry Giscard-d'Estaing. Rumeur qui sera accompagnée d'une célèbre histoire de diamants...



21 mai 2014

L'autruche

   De part son extrême chaleur, ses sécheresses et la désertification qu'elle entraîne, la contrainte climatique du continent africain a généré des modes de vie d'errance et de migration perpétuelle chez les hommes et les animaux. Le continent est peuplé de nomades: touaregs du Sahara voyageurs sempiternelles, gnous et leurs cycles de migration sans répit, peuple Masaï traînant ses semelles en pneu à travers les immenses steppes est-africaine; de l'Atlas au Cap, des traces éphémères de poussières sont creusées par le rythme lent et agité de la survie qui se déplace.
Dans ce flux collectif, dans les ornières du grand déplacement africain, on trouve l'autruche. 



   Pour se nourrir dans les milieux semi désertiques ingrats, le plus grand oiseau du monde doit se déplacer toute la journée à la recherche de l'eau et des végétaux qui constituent son alimentation. Elle passe la période de nidification là où ces denrées sont abondantes, mais le reste du temps elle parcourt de 10 à 40 kilomètres entre le lever et le coucher du soleil. Outre les végétaux, qu'elle consomme en abondance, elle se rassasie éventuellement d'insectes, de petits mammifères, de reptiles, de tortues et d'oisillons. En fait, elle est capable d'ingurgiter à peu près tout et n'importe quoi et avale d'ailleurs l'équivalent de plusieurs poignées de graviers et cailloux par jour pour l'assister dans sa digestion. Elle peut par ailleurs se contenter d'eau salée grâce à une glande nasale qui lui permet d'éliminer l'excédent de sel. 




   Les plumes et la viande de l'autruche ont poussé les hommes à en pratiquer l'élevage. Sans cette mesure l’espèce serait probablement éteinte, laissant un vide dans la savane. Dans ce milieu dangereux, elle tient pour les grands herbivores le rôle de sentinelle. Dotée d'une très bonne vue et d'une grande taille, elle repère les prédateurs et fuit rapidement entraînant avec elle zèbres, gazelles et autres gnous. Perchée sur ses grandes pattes, elle est très rapide et peut courir sur une longue distance à une allure de 50 km/h, voir 70 km/h dans des situations extrêmes. 
 


   Les œufs de l'autruche sont particulièrement gros. De fait, différents rôles symboliques et pratiques leur sont attribués depuis des millénaires. Les carthaginois (établis en Tunisie en 814) décoraient les œufs qu'ils se procuraient grâce au commerce transsaharien avec de l'ocre rouge avant de les déposer auprès des dépouilles de leurs défunts.

   Les Bochimans d'Afrique Australe utilisent les œufs coupés en deux pour en faire des bols. Ils se nourrissent d'abord du contenu sous forme d'omelette et chassent aussi l'oiseau qui fourni environ 100 kilos de viande.
Soigneusement décorés de lanières de cuir, les œufs d'autruche constituent des cadeaux de bienvenue très appréciés en Afrique de l'ouest (Niger/Tchad).


 
   L’œuf et l'autruche sont aussi entourés de toutes sortes de légendes. En Éthiopie par exemple, l’œuf aurait la faculté de protéger de la foudre. Mais si ce n'est dans des descriptions hasardeuses et dans des dessins animés, personne n'a jamais vu une autruche enfoncer sa tête dans le sable...